Mécréant

On avait une bouteille à finir et des nuages à construire. Et l’aurore marquera encore un vide, ça me fera deux ombres avec qui déjeuner. Tu embrasseras la petite pour moi, dis?

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filet

Je verrais bien ma peau s’imprimer de ce filet, je verrais bien mes lèvres se nicher dans le creux de tes bras, je verrais bien mon nez effleurer la peau de ton cou, je verrais bien mes mains caresser la lumière de l’aurore qui se lèverait sur ta peau transie d’effluves dans tes draps marqués des douceurs de tes hanches sur mes cuisses affamées de cette force qui me hante. Bon, tu reviens?

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Matin

Le désir est revenu et ma vie hoquette à nouveau. Les rêves ont réapparu comme s’ils avaient attendu enfouis dans la surdité de mes hormones. Cette nuit, tu étais là, d’abord en souvenir puis devant un café. Quand tu t’es évaporée, j’ai pleuré ton sourire. Tu me manques tant.

Je donnerai beaucoup pour te réentendre m’appeler de ce surnom. Un parmi d’autres de ces noms absurdes avec lesquels tu réinventais ton monde. Pas une minute je n’imagine plus te croiser. Il doit y avoir un endroit plus beau que les souffreteux illuminent sinon d’où viennent ces étoiles dans mon ciel?

J’échangerai bien d’aurore pour le matin qui vient.

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Vagabond

Les fantômes de tes phalanges hantent ma peau comme les fanions insaisissables de ton odeur trouent ma mémoire.

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Nuit frisonne

où le ciel est tellement clair que les nuages, prétentieux, se donnent des airs d’aurores boréales.

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Distraction

Le jardinier distrait peut aisément perdre sa culotte dans les fourrés. Il regrettera peut-être alors d’avoir utilisé sa ceinture à des fins uniquement grivoises.

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El Goudro Nero

L’homme noir est à son poste, il observe les fourmis, souriant parfois quand l’une ou l’autre provoque des éclats de vie. Il rêve de rires et de pluie en regardant passer les accordés.
Il commence à distinguer que le monde est en lui, que ses traces goudronnées le grandissent, que le kayak façonne l’eau et que les rêves se cachent dans les roseaux, non au creux des draps repassés.
Est-ce ce goudron qu’il étale sur sa route qui rend le frère de l’avare si généreux ou alors son statut d’aîné qui l’oblige à se soucier de ce qui suit? Cet homme-là a changé de statut, de frêre de l’autre, il devient ami. Et c’est extraordinaire comme le passé me suit, alors que j’ai le regard collé à l’horizon, toujours plus loin.

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